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TENDANCES DE LA MOBILITÉ DES ÉTUDIANTS INTERNATIONAUX

De la croissance rapide à la recalibration : l’approche récente du Canada en matière d’éducation internationale

9 juillet 2026

Canada

Aux yeux des futurs étudiants – et des éducateurs locaux – ces dernières années au Canada ont vu un changement significatif dans les politiques des étudiants internationaux, avec une explosion post-Covid du nombre d’étudiants entrants, rapidement suivie d’un nouvel ensemble de politiques visant à réajuster les flux d’élèves pour parvenir à un modèle plus durable.

Pour donner un peu de contexte sur ces changements, le nombre de nouveaux permis d’études au Canada a diminué l’an dernier de près de six fois par rapport à 2023. Cette contraction reflète cependant une intervention gouvernementale délibérée, plutôt qu’une perte de la demande étudiante sous-jacente. 

Les mesures introduites depuis 2024 ont renforcé les critères d’éligibilité, augmenté les seuils financiers obligatoires et renforcé le contrôle gouvernemental sur l’admission des élèves – aboutissant à un système plus sélectif, et dans certains cas plus contraignant, que ce qui était initialement anticipé. 

Parallèlement, les récents ajustements de politique indiquent que le Canada reste ouvert aux étudiants internationaux, bien que dans un cadre plus soigneusement défini. Et les facteurs canadiens qui ont touché les étudiants en 2023 – notamment des universités solides, une large adhésion au multiculturalisme et une économie dynamique – sont toujours vrais aujourd’hui. 

De Belinda Wong, PDG de Starbucks Chine, à Margaret Chan, ancienne directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, en passant par Juggun Kazim, une actrice célèbre au Pakistan, les diplômés internationaux des universités canadiennes ont une grande présence dans le monde entier. Nous prévoyons que cette tendance se poursuivra en 2026 et au-delà.

Ce qui a changé : plafonds, coûts et sélectivité croissante

Début 2024, le Canada a instauré un plafond sur les nouveaux permis d’étudiants internationaux, visant à réduire les approbations annuelles d’environ 40 %. Le gouvernement fédéral a également augmenté le montant que les étudiants doivent présenter pour obtenir un permis d’études.

Pour affiner davantage un système qui a connu une croissance explosive – et finalement insoutenable – de 2021 à 2023, le gouvernement a également exercé un contrôle accru sur les écoles et programmes pouvant accueillir des étudiants internationaux.

Bien que ces changements aient atteint l’objectif du gouvernement de réduire la population étudiante internationale, le volume global était inférieur à l’admission. L’an dernier, le Canada a approuvé environ 75 000 nouveaux permis d’études, soit une baisse de 64 % par rapport à 2024, et le plus bas total depuis une décennie, selon les chiffres d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). (En 2023, le Canada a délivré 435 000 nouveaux permis étudiants.)

Notamment, la baisse de 64 % des permis d’études en 2025 – attribuable aux plafonds d’étudiants internationaux qui ne voulaient pas provoquer une telle baisse – a été supérieure à la baisse de 57 % en 2020 causée par la pandémie de Covid-19.

Ces réductions ont également été particulièrement ressenties par des provinces comme Terre-Neuve, la Saskatchewan et l’Alberta – qui s’attendaient toutes à voir des gains modestes du nombre d’étudiants entrants, et non des baisses de 50 % ou plus, comme elles l’ont constaté.

Enfin, les étudiants constatent également une augmentation des taux de refus de permis d’études, passant de 42 % en 2021 à 64 % en 2025. Les étudiants en Inde, pour citer un exemple frappant, ont vu les taux de refus passer de 31 % à 74 % sur la même période, alors que le gouvernement canadien relevait le seuil pour les nouveaux candidats.

Premiers signes de stabilisation en 2026

Malgré tous les changements de politique mentionnés ci-dessus, le plan du Canada pour 2026 prévoit jusqu’à 408 000 permis d’études, dont 155 000 pour les nouveaux étudiants et 253 000 pour les prolongations et les étudiants internationaux de retour. 

Si le Canada atteint effectivement son objectif de 155 000 nouveaux étudiants en 2026, cela représenterait une croissance annuelle de 50 %, montrant que le pays n’est pas intéressé à réduire davantage le secteur, surtout au niveau universitaire.

Depuis la fin de l’année dernière, ces plafonds ne s’appliquent plus aux étudiants de niveau master ou doctorat, car les établissements qui les inscrivent ne sont plus tenus de délivrer une lettre d’attestation provinciale (PAL), une exigence fondamentale du régime de plafond. Cette exemption pour les étudiants diplômés vise à accélérer le traitement et à attirer les candidats plus qualifiés. 

Un autre changement prometteur ? Depuis ce printemps, les étudiants internationaux n’ont plus besoin d’un permis de travail coopératif séparé pour les stages faisant partie de leur programme postsecondaire. C’est une politique beaucoup plus favorable aux étudiants, car ils n’ont plus à demander de permis de travail coopératif séparé.

L’appel durable du Canada auprès des migrants mondiaux

Ces mesures politiques servent de signal aux étudiants du monde entier que le Canada reste une destination de premier plan. Il convient également de souligner pourquoi le Canada a un tel attrait – et l’histoire fière qui a derrière son accueil des migrants mondiaux.

Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, plus de 20 % des Canadiens sont nés à l’étranger. Et bien que le Canada compte deux langues officielles (anglais et français), plus de 200 langues ont été déclarées dans le dernier recensement comme langue maternelle ou langue maternelle. Cette diversité remarquable reflète à la fois les normes culturelles et des politiques gouvernementales réfléchies.

Pour donner un exemple : la Loi canadienne sur le multiculturalisme de 1988 reconnaissait le multiculturalisme comme une caractéristique définissante de l’identité canadienne. La loi encourage le gouvernement à soutenir des initiatives favorisant la compréhension et le respect interculturels. L’éducation internationale offre un environnement riche pour incarner et renforcer ces valeurs canadiennes.

En plus de cette tradition de multiculturalisme, les étudiants internationaux d’aujourd’hui sont également attirés par les universités canadiennes en raison de la qualité de l’enseignement, des opportunités de stages et de stages alternants, ainsi que des parcours professionnels solides après l’obtention du diplôme. 

L’accessibilité financière est aussi importante : les frais de scolarité et de subsistance sont souvent plus gérables que dans d’autres grandes destinations d’études, surtout comparé aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le Canada jouit également d’une solide réputation publique en matière de sécurité, de stabilité politique et de fourniture de services publics solides. Tous ces traits contribuent à maintenir la pertinence du Canada auprès des étudiants internationaux d’aujourd’hui, malgré la récente mise en place de plafonds sur les permis d’études.

Bien que les récents changements de politique aient limité le volume brut d’étudiants entrants, du moins pour les prochaines années, ils ont réajusté la position du Canada en tant que destination de premier plan pour les étudiants les plus talentueux au monde à la recherche d’une éducation de grande valeur.

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